Le Québec possède un potentiel mondialement enviable à plusieurs égards, incluant son capital humain (la population) et ses ressources naturelles (le territoire). Il faut mettre fin aux politiques qui minent la capacité du Québec de se développer à son plein potentiel.
Le Québec doit aspirer à faire partie des nations les plus instruites et les mieux formées au monde. Compte tenu de nos atouts, cet objectif est parfaitement réalisable s’il s’appuie sur des politiques efficaces et concrètes. Pour y arriver, il faudra se doter du meilleur système d’éducation qui soit en utilisant, entre autres, notre exceptionnel bassin de ressources naturelles comme moyen de financement. Il faut une vision économique cohérente qui optimisera l’utilisation de ressources naturelles qui sont non renouvelables, afin de se doter d’un système économique viable à long terme basé sur une ressource renouvelable: nos citoyens et leur matière grise.
En conséquence, un gouvernement d’Option nationale :
2.1 Fera en sorte que l’État québécois soit maître d’œuvre de tout développement de nos ressources naturelles par le biais d’une nationalisation, en collaborant avec le secteur privé pour l’exploration, l’extraction et la distribution. Pour chaque projet qu’il autorisera, c’est le gouvernement du Québec qui décidera de la répartition des revenus et de la structure de propriété – création d’une société d’État, possibilité d’un régime épargne-actions (REA), part des firmes privées, etc. En toutes circonstances, la majorité des profits dégagés par l’exploitation de nos ressources naturelles reviendra dorénavant à la population du Québec. Cette politique s’appliquera particulièrement aux secteurs miniers, forestiers et des hydrocarbures. Dans une perspective de développement durable, un fonds souverain sera créé pour compenser à long terme la disparition des ressources non renouvelables;
2.2 Imposera, dans le cas des hydrocarbures, un moratoire complet au secteur des gaz et pétrole de schiste (shale) jusqu’à ce que des études indépendantes aient pu prouver que leur exploitation respecte les principes de développement durable, à savoir les aspects social, environnemental et économique;
2.3 Mettra en place une charte du bois afin de favoriser l'utilisation de ce matériau noble dans les secteurs de la construction, de la production d’énergie et des nanotechnologies;
2.4 Déclarera l’eau et les terres agricoles patrimoine national. Leur exploitation et leur préservation devront refléter cette importance, notamment sur le plan des redevances et du soutien au secteur agroalimentaire. Cela inclura dans ce dernier cas un plan de souveraineté alimentaire, une meilleure identification des produits locaux, un fonds de pension pour les travailleurs du secteur et une aide au recrutement de la relève;
2.5 Élaborera une stratégie d'indépendance énergétique basée sur l'économie d'énergie et l'optimisation énergétique et produira une évaluation exhaustive du potentiel de chaque filière au Québec (incluant, notamment, l'hydroélectricité, l'énergie éolienne, l'énergie solaire, la biomasse, l'hydrogène, la géothermie, les hydrocarbures, les marées et les courants sous-marins). L'impact environnemental sera l'un des principaux critères d'évaluation. Le développement éventuel de ces ressources énergétiques sera nationalisé. L'énergie nucléaire ne fera plus partie de la stratégie énergétique nationale;
2.6 Financera massivement la recherche en électrification des transports collectifs et individuels et lancera prioritairement une étude de faisabilité d’un réseau de transport intermodal reliant toutes les régions du Québec, incluant un projet de monorail électrique suspendu. Les objectifs incluent la réduction des émissions de gaz à effet de serre, un aménagement équilibré du territoire ainsi que le développement du tourisme;
2.7 Misera sur notre avantage énergétique global afin que la transformation locale de nos ressources naturelles soit préférée à l’exportation de notre énergie et de nos matières premières brutes, faisant en sorte que davantage de valeur ajoutée, de savoir-faire et d’emplois soient créés au sein de notre économie;
2.8 Créera la Banque de développement économique du Québec par le regroupement d’Investissement Québec, des CLD, des SADC et autres organismes québécois ou fédéraux de développement économique. La Banque du Québec deviendra le point de contact gouvernemental unique pour les entrepreneurs québécois et sera présente dans toutes les régions du Québec;
2.9 Considérera le secteur de l’économie sociale, notamment des coopératives, au même titre que l’économie de marché traditionnelle dans les programmes d’aide offerts par la Banque du Québec;
2.10 Révisera le mandat de la Caisse de dépôt et placement en le ramenant plus près de l’esprit fondateur de l’institution. La poursuite du rendement sera donc relativisée et le soutien à l’économie du Québec sera renforcé;
2.11 Procédera à une réforme de la fiscalité. Cette réforme aura comme objectifs de faire augmenter les investissements des firmes locales en équipements, en technologie et en recherche et développement, d’attirer davantage d’investissements directs étrangers, de favoriser la création et le transfert d’entreprises, notamment dans le secteur agricole, et de renforcer le développement durable par le biais de l’éco-fiscalité. La lutte à l’évasion fiscale sera accentuée par la responsabilisation des citoyens et des employeurs qui encouragent le travail au noir et par des mesures restreignant l’utilisation de paradis fiscaux. La révision des paliers d’imposition, la taxation de certains produits particuliers, un impôt successoral progressif et l’instauration d’un impôt minimum pour les grandes sociétésseront étudiés;
2.12 Fera en sorte que l’Internet haute-vitesse soit systématiquement implanté sur tout le territoire du Québec par le biais d’appels d’offres intégrés;
2.13 Assurera la décentralisation vers les régions en remettant le développement aux mains des gens qui vivent dans ces régions et qui connaissent mieux que quiconque leur milieu de vie respectif. À l’échelle régionale, les agences de la santé, les commissions scolaires et les conférences régionales des élus seront regroupées et restructurées sous une même entité, les Conseils régionaux, qui géreront graduellement le budget global résultant, en particulier de leurs revenus autonomes. En respect de certaines lignes directrices gouvernementales et de priorités nationales, il reviendra aux Conseils régionaux de définir, de coordonner et de soutenir les différents services requis sur leur territoire dans la perspective d’une plus grande cohérence et d’une meilleure efficacité des actions en matière de santé, d’éducation et de développement. Les principaux dirigeants des Conseils régionaux seront élus au suffrage universel;
2.14 Instaurera un fonds d’indemnisation universel de l’AMF pour venir en aide aux victimes de crimes économiques. Ce fonds sera financé par l’industrie financière et par les épargnants. Ne prélevant que quelques points centésimaux, il n’aura pas d’impact individuel sur les épargnants, tout en étant globalement suffisant pour indemniser les victimes de fraude;
2.15 S’assurera que les fonds de pension de travailleurs aient priorité en cas de liquidation des actifs d’une entreprise;
2.16 Fera de Gatineau un pôle majeur de l’administration publique, avec Québec et Montréal;
2.17 Favorisera l’établissement de sièges d’organisations internationales à Montréal et à Québec;
2.18 Intégrera les fonctionnaires fédéraux québécois qui le souhaitent à la fonction publique d'un Québec souverain.